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BRUXELLES
De notre envoyé spécial
Elle
est en colère. Très en colère même.
"Politiciens, et si on faisait le point? Avez-vous
déjà fait quelque chose de bien? Vous
seriez gentils de garder vos distances. Au moins notre
globe aurait une chance." Axelle Red ne comprend
pas. Ou plutôt si, elle comprend que les enjeux
des grandes puissances dépassent ceux de la vie.
Et les bombes qui tombent sur Bagdad ne font que renforcer
ce ressentiment. Militante, la chanteuse flamande montre
du doigt et dénonce sur la scène des Halles
à Bruxelles, où elle vient de débuter
sa tournée européenne, l'action du gouvernement
Bush en Irak. Le plublic a aussi choisi son camp, celui
de la paix.
Un
signe "Peace and love" en arrière-plan,
Axelle Red se lance dans un poignant Manhattan Kaboul
consacré chanson de l'année aux
dernières Victoires de la musique. Ajourd'hui,
même si Renaud n'est pas là, cette chanson,
hymne de paix et de tolérance, prend plus que
jamais sa pleine mesure. La salle rejoint la chanteuse
sur le refrain. Emotion. Il suffit de fermer les yeux
et la magie de son timbre opère.
Seule
avec son piano, elle s'écrie Je me fâche.
Marre de cette incompréhension, de cet engrenage,
de cette foutue guerre. Venez vers moi, lance-t-elle à la foule, comme pour conjurer son angoisse
du 11 septembre 2001. "Je suis restée scotchée
devant la telé, comme tout le monde. Ca, c'est
la monstruosité des évènements."
Son regard sublime la foule et déjà, la Sensibilité envahit la salle. Voilà tout ce qu'on peut faire, en hommage aux manifestants
italiens tués lors du sommet de Gênes,
enfonce le clou.
Si
le monde ne tourne pas rond, Axelle est bien décidée
à faire bouger les choses. Son public avec. Elle
s'y prend bien. Avec des guitares et des percussions
qui vous prennent aux tripes. Sa voix chaude et son
accent si singulier font frémir les hommes, qui
lui demandent de rester Femme. A tâtons,
Ce matin, Ma prière viennent maintenant
flirter avec les récents Bon anniversaire,
T'es ma maman et Disco Grenouille. "J'aime
la musique soul, la disco", dit-elle, cette fois
décontractée. Le public bruxellois n'en
demandait pas tant, définitivement acquis à
sa cause. S'il avait... "Je suis très stressée
devant les Bruxellois. Je parle en flamand, puis je
traduis en français, ça me fout la trouille."
Toujours aussi sexy, envoûtante, la future maman
a du mal à cacher ses émotions. Ses yeux
ne mentent pas, sa gentillesse non plus. Essayez Axelle,
c'est l'adopter.
J.-M.
Peyssé
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