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BRUXELLES
De notre envoyé spécial
Axelle
Red a choisi de prendre son temps. La plus célèbre
des rouquines flamandes, en concert à partir
de ce soir et jusqu'à lundi à l'Olympia,
s'est offert une pause de trois ans. Elle a voulu souffler,
profiter de sa petite fille, Janelle, avant de s'atteler
à l'écriture de son nouveau disque, "Face
A / Face B", sorti en novembre dernier et déjà
vendu à 200.000 exemplaires en France.
Sur
scène, comme vendredi dernier à Bruxelles,
Axelle Red, 35 ans, qui sera de nouveau maman l'été
prochain, semble habitée par la même sérénité.
Comme lorsqu'elle démarre son spectacle par quatre
chansons, seule au piano: "Présence"
et "Je t'attends" , deux anciens titres, suivis
par deux nouveaux, "Toujours" et "Je
me fâche". Dans l'enceinte métallique
des Halles l'intimité peine à s'installer.
Mais l'artiste, entourée ensuite de sept musiciens,
s'attache à jouer sur les nuances. En parfaite
séductrice, elle ménage ses effets: un
inédit fait encore patienter les spectateurs
venus assister à une avalanche de tubes. Peine
perdue. "Le monde tourne mal" est cité
au détour d'un couplet, au milieu de "Venez
vers moi". "Sensualité" se fond
là encore dans "Vole", aux couleurs
soul.
"Manhattan Kaboul" devient un hymne pacifiste planant
Portée
par les rythmes enlevés de son dernier album,
Axelle Red invite les machines électroniques
dans un bal disco où se bousculent plusieurs
nouveautés et une version body-buildée
de "Bimbo à moi". Puis elle ralentit
subtilement le tempo. "Ce matin" reste aussi
câlin que sur le disque. Sans Renaud, la version
dépouillée de "Manhattan Kaboul"
devient un hymne pacifiste planant. Et l'artiste finit
là où elle a commencé, en piano
solo sur "Pas maintenant", dédié
aux enfants laotiens victimes des mines antipersonnel.
Deux heures où elle utilise toutes les nuances
de sa palette musicale, avec le souci du détail,
s'offrant, en prime, le luxe du temps.
E.M.
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