nouvel album  
 jardin secret

 

Samedi, à la Coupole de Saint-Loubès, la chanteuse Axelle Red donnait son concert sobre et généreux, avec force rappels. Toutes les générations s’y retrouvaient.

Le public de ce Samedi soir était très mélangé, avec des adolescents par grappes et des mamies, beaucoup de jeunes couples, des enfants en famille, et une indéniable ambiance avant le lever de rideau. Axelle Red reste dans le mystère, le temps d’un instrumental qui figure sur son dernier album. Tandis que le groupe joue, dissimulé derrière des toiles, où sont projetées les initiales de la chanteuse. L’on retrouve ainsi la richesse instrumentale et la variété de couleurs du disque, paru il y a un an, ‘Toujours moi’.

Nuances et plaisir
Axelle la Rousse se présente lovée dans une capsule transparente, et démarre sur ‘Faire des mamours’, long morceau, extrait d’un univers à la musicalité personnalisée, que le répertoire confirmera. Et vu la disposition des sept musiciens, la plupart anglo-saxons, comprenant deux claviers et deux foyers de percussions, on devine qu’on aura droit à un vrai concert, de ceux où ça joue avec des nuances, de la fluidité et du plaisir.

D’ailleurs, la chanteuse fait aussi bien passer une comptine sur la vieillesse, ‘A 82 ans’, avec force humanité et vibraphone, que ‘Bimbo à moi’, franchement léger et rythm and blues. La scène prend d’ailleurs des couleurs pourpres des plus princières, et l’on apprécie sa culture, son talent à distiller, à travers la chansonnette, des références aux grandes heures de la musique noire. Et puis ça balance, avec des attaques de guitares et de cuivres, quel’on cherche du regard… sans les trouver, puisque les accords sont déclenchés par claviers. Mais quand le machiniste s’y connaît, le feeling est là. On se croirait presque en boîte, ce qu’accentuent les éclairages psychédéliques soignés.

Avec des ballades pleines de sentiment, des slows comme on nesait plus en faire depuis des décennies, Axelle dévoile tout un style. Chacune de ses vignettes contient de fines percussions qui servent à exciter le bain sonore d’orgues et de guitares, duquel s’extrait la voix. C’est relativement sobre, et franchement efficace, à l’image de son dernier enregistrement. Les plus anciennes chansons pouvaient laisser présager tout cela, mais son équilibre demeure récent.

Aujourd’hui, en toute simplicité, forte de sa nouvelle évidence et de son succès, elle laisse le public sous le charme, terminer quelques-unes de ses phrases, en chœur, mais sans complaisance exagérée. Axelle Red bénéficie d’une clameur crépitante, qui se mue d’office en rappel, cela suffit. Après avoir fait bouger la salle du parterre au balcon, elle enchaînera les retours, dont un titre interprété en espagnol, ne mégotant guère sur la durée, malgré une voix voilée…

Par Patrick Scarzello
Sud Ouest — 21/02/00


Concert

Axelle Red, ès qualités

 

 

 

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