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La mécanique
du clavier, parcourue d'un beat dance, est identifiable
entre tous. A ceux qui, côté salle, la réclamaient
depuis de longues minutes en scandant son nom, Axelle Red
répond, dès le lever de rideau, par l'un de
ses succès du moment, 'Faire des mamours'. Alors
que retombaient les derniers accords de 'Stay or not', l'instrumental
de son dernier album, elle est apparue dans une balancelle
de Plexiglas. Au dessus d'elle, perchées dans les
cintres, d'énormes boules transparentes accrochent
des formes mouvantes. La puissance déployée
par l'orchestre correspond bien à la vigueur de musiques
sur mesure : batterie, percussions, deux gitares, autant
de claviers, rangés 'en ordre de bataille' autour
de ce piano à queue où elle s'installera à
plusieurs reprises pour égrener des ballades qui,
elles aussi, lui conviennent si bien.
Ils ne
sont qu'un millier, réunis dans le Zénith
pour elle et c'est bien dommage. Qu'importe, Axelle Red
se dépense sans compter, tellement à l'aise
dans le faisceau feutré d'une douzaine de lights
mobiles. Le projecteur qui, par instants, s'attarde sur
elle rend son teint plus diaphane encore sous la chevelure
flamboyante. Elle a promis entre deux titres : 'Je vais
mettre le feu' et ne va cesser de tout faire pour mener
à bien la menace.
'T'es
la meilleure !'
Excellente
dans ces rythm'n blues qui maltraitent la monumentale sono,
elle sait, sans perdre une once de fragilité, se
faire redoutable, également, dans les rock composant
la seconde partie d'un show à l'énergie uniquement,
sans temps morts ni remplissages. En route vers une immense
gloire, Axelle la Rouge fait preuve d'une générosité
sans calcul. La voix poussée jusqu'à ses limites
enfle pour mieux se perdre, un peu plus tard dans un murmure.
Arpentant
la scène d'un pas rythmé, sa main part à
la rencontre des bras qui se tendent. Les flammes des briquets
scintillent sur la nuit. Après 'Ce matin', un autre
de ses nouveaux crédos, elle parle, avec un humour
plutôt bien venu du vieillissement. 'Son' public,
debout, reprend en ch[oe]ur. Un cri jaillit des gradins
: 'Axelle, t'es la meilleure !' Alors, elle sourit, y va
d'un merci sans manière.
Tourbillon
halluciné
Et puis
il y a cette soul qu'elle a fait sienne. La basse claque,
les nappes de synthétiseur dansent sur l'air. Figée
contre le pied du micro, elle se fond dans l'ambiance prenante
d'un irradiant 'A quoi ça sert'. La danse figure
aussi à son registre. Aux préoccupations standardisées
des meneuses de revue, elle a simplement substitué
une forme très personelle de farandole, un tourbillon
halluciné. L'émotion, elle aussi, était
au rendez-vous, quand, assise au pied de la caisse claire,
elle parle d'une voix un peu plus douce de la mort, de ceux
qui s'en sont allés trop tôt. Ce 'Quitter tôt'
frappe droit au c[oe]ur ces gens tous acquis à sa
cause. Ceux vers qui, quand la salle se rallume pour quelques
minutes entre deux chansons, elle lance : 'Je vous vois
enfin'.
Les rappels
seront à la mesure de l'enthousiasme déployé
durant presque deux heures par ces 'déjà'
inconditionnels.
Est Républicain
- 11/03/00 - Jean-Paul Germonville
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