nouvel album  
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BRUXELLES — C’est Stay or not, un instrumental soul figurant sur son dernier CD mais qu’on imagine tout droit sorti de la B.O. de Shaft, qui ouvre le nouveau spectacle d’Axelle Red. Derrière un rideau, se dressent en ombres chinoises les huit musiciens qui forment son groupe. Au milieu de cette formation soudée, installée dans un fauteuil en forme de bulle qu’elle fait tourner sur lui-même, Axelle Red médite en écoutant cette longue, très longue, trop longue, intro.

Les quelques 8.000 spectateurs de Forest-National — assistance bilingue, hétéroclite et majoritairement dans la tranche 25-35 ans — commencent à manifester leur impatience. Stay or not s’arrête. Le rideau tombe. Axelle déroule son tapis Red et enchaîne sans temps mort ses deux derniers singles Faire des mamours et Ce Matin.

On devine le track dans sa voix et dans ses gestes. Normal… La tournée ne fait que commencer. Après quelques tours de chauffe dans le nord de la France, la maman de la peite Janelle retrouve en ce mardi soir son public belge. Hier, c’était le Zénith (complet) qui l’attendait à Paris avant la Suisse, une très longue tournée hexagonale et, sans aucun doute vu le succès de son album, un retour en Belgique pour le printemps ou l’été prochains.

En ce début de show, elle est donc quelque peu crispée, mais le malaise se dissipe bien vite. Premiers mots à l’assistance. Premiers échanges sur le ton de la confidence sincère et spontanée. En flamand et en français pour ne vexer personne.

Je savais que les tickets étaient vendus, mais je n’étais pas sûre du tout que vous alliez venir. Ce soir, il y a aussi Whitney Houston qui chante en Belgique (au palais des sports à Anvers). Elle commence dans cinq minutes’, lâche-t-elle dans un fou rire, annonçant ainsi l’atmosphère et l’ambiance bon enfant qui vont régner dans le bunker forestois.

Axelle va multiplier les interventions parlées tout au long de la soirée. Elle parle comme elle pense. Rien n’est préparé et on reste persuadé qu’elle n’a pas raconté les mêmes anecdotes hier soir à Paris. Une attitude d’autant plus remarquable qu’elle se fait rare dans le monde aseptisé de la variété.

Pour le reste, le récital est très pro. Plutôt que de faire dans le tape-à-l’œil, le visuel a été conçu pour coller à l’esprit du concert. Les lumières tamisées, les ballons gonflables transparents au plafond, les projections abstraites (nuages, ondulations,…) renforcent la sensualité soul prônée par Axelle Red. Enfin, il y a aussi la participation sur trois morceaux des danseurs de la compagnie belge Ballet David Sonnenblück que la Hasseltoise avait découvert lors d’un défilé d’Elvis Pompilio.

Quant au répertoire, il est savamment dosé. L’instrumental en intro est un choix osé. Comme cette option d’interpréter d’emblée ses deux morceaux les plus populaires du moment. D’autres artistes les garderaient pour les rappels. Ensuite, elle couple généralement deux chansons au tempo lent avant de relancer la machine pour une composition plus rythmée.

Dans le registre des ballades, on retiendra son interprétation magistrale de Rester femme où sa voix vole très très haut, une poignante version de Mon café (the coffee song) sur laquelle elle s’accompagne elle-même au piano ainsi que l’émouvante Parce que c’est toi, qui reste, à nos yeux et à nos oreilles, la meilleur plage de son dernier album.

L’alternance de ces morceaux mélancoliques avec des chansons plus légères (Bimbo à moi, sa reprise de Just the two of us dédié à sa fille) rythme ainsi un long concert (plus de deux heures) où le spectateur ne s'ennuie jamais. Axelle Red ne sort plus seulement des bons disques. Elle produit aussi d’excellents spectacles.


LA DERNIERE HEURE — 04/11/99 — Luc Lorfèvre

Axelle déroule son tapis Red

Dans une présentation soul et sensuelle, elle a triomphé à Forest avant de s’attaquer au Zénith

 

 

 

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