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Axelle
Red a commencé sa tournée vendredi soir
aux Halles de Schaerbeek.
Version disco grenouille ou piano-voix, elle varie les
registres avec classe.
Elle
est libre, Axelle Red. En tout cas, c'est l'impression
qu'elle donne. Tranquille. Il faut dire que depuis ses
début où l'on a pu la confondre avec de
la variété "vite chantée vite
oubliée", elle a trouvé pas mal de
motifs de se rassurer et de faire rectifier le tir.
Des albums qui marchent extrèmement bien (le
million historique d'"A tâtons", par
exemple), une place à part dans le monde de la
chanson française, que son duo avec renaud (Victoire
de la chanson de l'année 2002, quatres ans après
celle de l'Artiste de l'année) a consacrée.
Puis il y a eu une première maternité,
avant une deuxième annoncée pour le début
de l'été prochain. Autant de raisons de
voir les choses de manière plutôt sereine.
La
dernière fois, la chanteuse était ainsi
passée par Forest National. Elle aura préféré
cette fois-ci commencer sa tournée par deux dates
aux Halles de Schaerbeek. Un "coup de coeur",
après y avoir vu son batteur Stéphane
Galland jouer avec son groupe de jazz Aka Moon.
Première date de la nouvelle tournée donc,
vendredi dernier, après quelques tours d'échauffement,
devant un public -c'est de plus en plus rare- quasi
paritairement flamand-francophone.
Quand la chanteuse arrive sur scène, c'est seule
qu'elle fait son entrée, presque l'air de rien.
Toutes les lumières ne sont pas encore éteintes,
et la musique de fond se fait toujours entendre. Sur
les planches, aussi rose que le gigantesque rideau devant
lequel il se trouve, juste un piano sur lequel elle
aligne directement trois morceaux.
Culotté? Plutôt. Et pourtant c'est de doutes
que parlent les chansons ("Toujours", par
example, qui ouvre le concert). Jusqu'au premier single
de "Face A/Face B" sorti à l'automne
dernier, "Je me fâche", qui perd ses
envolées de cordes grandioses, pour retrouver
sa crudité. Dès le début, Axelle
joue ainsi sur la corde raide (Red?) et, généreuse,
se met en danger.
Donna
Summer
Une fois ce "prologue" terminé, le rideau glisse et
découvre le groupe planqué derrière pour laisser place
aux titres plus up-tempo du dernier album. "Amants
de minuit" lance donc le bal pour être enchaîné
directement avec un inédit, qui pointe de la
même façon la piste de danse. Puisque c'était
bien cela le grand enjeu de l'album "Face A/Face
B" (qui sera chanté dans son intégralité):
livrer une version disco des obsessions soul de la chanteuse.
Une citation de "Car Wash" par ici, des intonations
à la Donna Summer par là.
Les préférences sont bien là. La
voix aussi. Axelle Red s'était fait plaisir en
studio en multipliant les pistes, qu'elle a toutes voulu
chanter. Sur scène également. C'est ce
qui impressionne le plus, la chanteuse passant d'un
registre à l'autre avec une facilité qui
laisse souvent pantois.
Armée d'un répertoire désormais
solide, elle se permet également des petites
pirouettes, intégrant par exemple titres anciens
et nouveaux: "Le monde tourne mal" se perd
dans "Voilà tout ce qu'on peut faire"
tandis que "Sensualité" se retrouve
dans "Vole".
"Manhattan/Kaboul" est aussi de la soirée,
désossé, réduit à une ligne
de basse, quelques percussions et des programmations.
A l'inverse, "Bimbo à moi" est boosteé
en final à coups d'effets technoïdes (un
peu à la manière d'un Etienne Daho retravaillant
ses anciens titres).
En un peu plus de deux heures, Axelle Red réussit
en tout cas à livrer à nouveau un tout
beau spectacle. Sans esbroufe, mais sans facilités
non plus. On se passerait bien parfois de l'un ou l'autre
prêchi-prêcha pesant. Mais cela n'empêche
pas de trouve au-delà de ça une vraie
et belle personnalité. Classe.
L.H.
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