No right to love
Memories of a long dark night
As I’m about to hold you tight
You hear me sweet as a dove
But I have no right to love.
« Après la guerre, ces garçons avaient reçu de petites maisons pour vivre. C’est là que je les ai rencontrés, chez eux. Ils avaient reçu des poules, des tables, des chaises, bref, le minimum pour essayer se reconstruire et de réintégrer la société. Ils avaient tout vendu. En parlant de leur intégration, un éducateur m’a expliqué qu’il faut laisser le temps faire son travail, que les regrets ne peuvent venir qu’après un certain temps, et qu’après les regrets venait la responsabilité. Les discussions avec ces adolescents m’avaient touchée. Elles rejoignaient des questionnements que je m’étais posés. J’avais pris un an pour faire le point et trouver des réponses aux questions que je me posais. Cette idée de la prise de conscience me touchait également. L’idée, enfin, d’oser aborder l’inconnu et les doutes qui vous habitent.
J’ai demandé à un de ces adolescent s’il avait une petite amie.
Il m’avait répondu qu’il n’avait pas, qu’il n’avait plus le droit d’aimer.
Des voix, des actes l’habitent.
COLD STEEL RUST ‘N DUSTY FLOORS
GIRLS BEGGING US TO STOP…
GET MUCH MORE
Etre habité par le crime
Ne plus avoir le droit d’aimer.
C’est une phrase terrible et une chanson parmi les plus tristes que j’ai écrites. Cet enfant avait compris ce qu’il avait fait et me disait : « si j’enlève le droit d’aimer, est-ce que je peux encore aimer ? »
Au-delà de la responsabilité, il y a le pardon.
Les regrets du bourreau ; la lucidité de la victime.
Comment se faire pardonner ?
Comment payer sa dette ?
Comment (re)vivre ?
propos recueillis par René Sepul
